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bob-jobs des années 1950

BOB-JOBS, LA NAISSANCE DE LA CULTURE CUSTOM

Les racines du chopper sont ancrées profondément dans la culture de la moto américaine. Développée après la seconde guerre mondiale, la naissance de cette culture rassemble plusieurs facteurs : la question de la mobilité, l’ennui post seconde guerre mondiale, l’influence des cultures comme la Beat Generation et le Rock’n’Roll. En somme, des mouvements prônant l’envie de parcourir librement le sol américain tout en évitant le conformisme de l’époque. La culture du chopper répond à ses propres règles et a été longtemps critiquée par les professionnels de l’industrie de la moto. Elle a été aussi diffusée par les médias, les stars mythiques d’Hollywood et par ses histoires de gangs.

 

 

BOB-JOBS, LES PREMIÈRES MOTOS CUSTOM DE l’HISTOIRE

 

moto-custom-1904-karslake-Le concept de « préparation » moto est né en 1904 grâce à Harold ‘Oily’ Karslake qui modifia pour la première fois une moto sortie d’usine. L’objectif était d’en optimiser sa performance. Ce fameux Mr Karslake a alors établi les règles qui gouverneraient le custom pour les générations suivantes. Une moto custom est une machine modifiée ou créée par un individu, selon ses propres goûts et lui donnant un style singulier sans intention de reproduction.

 

 

 

 

 

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C’est justement un peu plus tard dans les années 1930 – 1940 que les motos de style Bob-job sont apparues. Sur des bases d’Harley Davidson, d’Indian, de BSA… ces motos étaient modifiées techniquement mais aussi esthétiquement pour la course sur piste. Les garde-boues avant étaient enlevés et ceux de l’arrière coupés. Les cadres étaient rabaissés et les guidons d’origine remplacés par des guidons en forme de cornes de vache. D’ailleurs to bob signifie « couper au carré » et to job « bricoler », d’où la création par la suite du mot bobber puis chopper (to chop : couper, tailler).

 

 

 

 

 

 

 

LA CULTURE DU CUSTOM SE PROPAGE À TRAVERS LES ETATS-UNIS

 

A l’opposé d’une production industrielle ces motos représentaient l’expression d’un style individuel. Ce style se propagea après la second guerre mondiale à l’époque où le président Eisenhower développe la construction des autoroutes à travers les Etats-Unis. Les militaires revenus au pays aspiraient au divertissement et au plaisir dans un monde d’après-guerre soumis au conformisme. Ce monde était marqué par la tragédie du génocide, la paranoïa du communisme et l’obsession d’une menace nucléaire. Une partie de la population a commencé à revendiquer une idéologie à contre-courant de la pensée traditionnelle américaine, prônant plutôt la liberté d’expression, de son individualité et du lâcher-prise.

 

thewildone-bob-jobsC’est à cette époque qu’on voit apparaître les premiers beatniks, les motards hippies, où ces personnes dites « anticonformistes » adoptent un style vestimentaire différent. Les motards conduisant des Bob-jobs avaient un look identifiable : jean brut avec revers, t-shirt blanc, chemise à carreaux, perfecto noir et bottes montantes. C’était le style bikers Américains. Ils se regroupaient la plupart du temps en clubs pour rouler tous ensemble et partager des moments distrayant. Vous pouvez découvrir le début de cette mode dans le célèbre film The Wild One (L’ équipée sauvage) de 1953, avec Marlon Brando.

 

 

 

 

 

 

 

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C’est aussi à cette époque que les médias ont commencé à s’emparer du sujet des bikers. Life Magazine réalisa un article erroné et peu glorifiant sur ces bandes de motards lors du Hollister Gypsy Tour qui eut lieu le 4 juillet 1947, le premier rassemblement de motos des Etats-Unis. Mais cette médiatisation malencontreuse de la part de Life Magazine mettant plutôt en scène les fauteurs de troubles, commença à faire naître dans l’esprit des gens l’image du biker peu recommandable. Cet article a été pourtant démenti par les habitants et commerçants de la petite ville d’Hollister. La population était plutôt contente d’accueillir cet évènement drainant 4500 personnes (plus du double de ses habitants) et permettant de développer considérablement leur économie. Mais la machine médiatique de 1947 habituée à la propagande durant la guerre, était plutôt friande de contenus sensationnels. Ainsi les médias étaient déterminés à définir le motard comme une nuisance et une menace sociale.

 

 

 

 

 

 

Cette campagne anti-motards fonctionna incroyablement bien et façonna une image négative du biker dans l’esprit du public. Et à l’inverse elle attira ceux qui étaient plutôt contents d’être identifiés comme des hors-la-loi et des membres de gangs. L’Association des Motards Américains (l’AMA) a soutenu que les troubles qui avaient été causés ce jour là avaient été réalisés par 1 % des « déviants » présents et qu’ils avaient terni l’image de la moto et des motards américains. Les 99% restant étaient des citoyens respectueux. Gentiment inventé par l’AMA, ce label des 1% était beaucoup trop racoleur pour être ignoré. Ces motards hors-la-loi portent depuis de ce moment-là avec fierté le célèbre patch 1%. Le Hollister Gypsy Tour marqua un tournant dans l’histoire du deux roues, que ce soit en négatif ou en positif. Il a permis de rendre la moto populaire à travers les Etats-Unis.

 

 

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Le livre The Chopper par Paul d’Orléans est ma principale source d’inspiration pour l’écriture de cet article. Je vous conseille cette encyclopédie sur le chopper (uniquement en anglais par contre !).

sources photos : www.occhiolungo.wordpress.com, www.cycleguidemagazine.blogspot.fr, www.selvedgeyard.com

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